À la une
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte renduVu pour vous

Aux confins du sublime et de l’abject : le « Requiem de Terezin » (Grand Amphithéâtre de la Sorbonne)

par Pierre Brévignon 7 novembre 2025
par Pierre Brévignon 7 novembre 2025

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

© DR / INSPÉ de Paris

2 commentaires 7FacebookTwitterPinterestEmail
2,1K

Requiem de Verdi (Terezin), Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, mercredi 5 novembre 2025

Dans l’infinie litanie des atrocités dont l’histoire des camps de concentration et d’extermination nazis est tissée, l’épisode du « Requiem de Terezin » occupe une place singulière. Dans ce camp-ghetto situé à Theresienstadt, en Bohème-Moravie, où quelque 144 000 personnes (en grande partie juifs tchécoslovaques, allemands et autrichiens) furent déportées, un prisonnier du nom de Rafael Schächter, compositeur et chef d’orchestre, obtint l’autorisation d’organiser des concerts avec certains détenus pour le compte de leurs bourreaux et geôliers. À côté d’opéras de Mozart, il montera ainsi la Messa da Requiem de Verdi dans une version écourtée (1 heure au lieu des 1h40 habituelles), où l’orchestre est remplacé par un piano. 

Rafaël Schächter - Illustration Lucie Lelièvre (D.R.)

Comble du cynisme et de l’horreur : à l’issue de chaque concert, les 120 choristes seront envoyés à Auschwitz pour y être assassinés, les SS obligeant Schächter à recruter d’autres chanteurs pour les concerts suivants… Un ultime Requiem sera donné le 23 juin 1944 lors d’une visite de la Croix-Rouge, pour accréditer la fable d’une vie paisible à Terezin, où les prisonniers peuvent donner libre cours à leur passion pour les arts…

Sous les ors du Grand Amphithéâtre de la Sorbonne et la fresque arcadienne de Puvis de Chavannes, il y avait d’abord quelque chose de déroutant, en cette soirée du 5 novembre, à assister à la reconstitution de ce concert. Mais très vite, la rutilance du cadre s’efface devant l’implication de tous les artistes et la solennité dépouillée de l’événement. Les extraits du livre de Joseph Bor[1] lus avec sobriété par le comédien Antoine David-Calvet, rehaussent la beauté sombre de la musique d’un hymne extraordinaire à la résilience par l’art. 

La petite trentaine de chanteuses et chanteurs du Chœur Arthémys, parfaitement mis en place par Cyrille Rault-Gregorio, confèrent à l’œuvre de Verdi toute la puissance qu’elle requiert (Dies Irae) mais aussi toute sa poésie, comme dans ce Lacrimosa déchirant, et toute sa virtuosité dans l’impressionnante fugue finale. On est surpris de voir combien le piano solo de Daniel Propper parvient à restituer l’ampleur et la théâtralité de la partition orchestrale, mettant en relief ses accents les plus opératiques. Les prestations des quatre solistes sont tout aussi impressionnantes, de l’unique intervention du ténor chinois Ping Zhang (l’Ingemisco du Dies Irae), d’une digne intensité, au baryton d’airain de Nicolas Cavallier dans le Confutatis, en passant par l’Agnus dei lumineux de la mezzo belge Florine God, en duo avec la soprano Claire de Monteil. C’est à cette dernière, la plus sollicitée de la soirée, qu’il revient de conclure avec un Libera me bouleversant, tantôt cri et tantôt murmure. Lorsque la musique parvient à son terme, le public a besoin d’un moment avant d’ovationner les acteurs de la soirée.
Et l’on songe aux paroles introductives de Stéphane Lelièvre, à l’origine de ce projet : le Requiem de Terezin est la meilleure réponse apportée aux terribles mots marquant le fronton des camps nazis. Non plus Arbeit macht frei, le travail libère, mais bien Kunst macht frei : l’art libère.

—————————————————————-

Le dossier du concert : Programme_Terezin_L.pdf

[1] Le Requiem de Terezin (1963 / Robert Laffont 1966, Éditions du Sonneur 2005)

Les artistes

Claire de Monteil, soprano
Florine God, mezzo-soprano
Ping Zhang, ténor
Nicolas Cavallier, baryton-basse
Antoine David-Calvet, récitant

Daniel Propper, piano

Chœur de chambre Arthémys, dirigé par Cyrille Rault-Gregorio

 

Le programme

Giuseppe Verdi,  Messa da Requiem (1874)

Reconstitution de la version abrégée pour piano, chœur et quatre solistes réalisée par Rafael Schächter et donnée au camp de concentration de Terezin à trois reprises entre septembre 1943 et juin 1944.

Production de l’Inspé (Institut national supérieur du Professorat et de l’Éducation) de l’Académie de Paris.

Concert du 5 novembre 2025, Grand Amphithéâtre de la Sorbonne.

image_printImprimer
Ping ZhangClaire de MonteuilNicolas CavalierFlorine God
2 commentaires 7 FacebookTwitterPinterestEmail
Pierre Brévignon

Pierre Brévignon jongle avec les mots et les notes, tour à tour dans les programmes de l'Opéra de Paris, de la Cité de la Musique, du Théâtre du Châtelet, dans les livrets de CD, dans les salles de conférence de la Philharmonie, au sein de l'Association Capricorn (www.samuelbarber.fr) ou dans les livres qu'il consacre à sa passion : la première biographie française de Samuel Barber ("Samuel Barber, un nostalgique entre deux mondes", éditions Hermann, 2012), le "Dictionnaire superflu de la musique classique" (avec Olivier Philipponnat, Castor Astral, 2015) et "Le Groupe des Six, une histoire des années folles" (Actes Sud, 2020).

2 commentaires

meyer frederic 14 décembre 2025 - 17 h 57 min

Ce fut une fois encore une soirée admirable d’émotion.

Répondre
Verdi's Requiem, Terezin's version - Claire de Monteil 28 février 2026 - 18 h 05 min

[…] Aux confins du sublime et de l’abject : le « Requiem de Terezin » (Grand Amphithéâtre de la … […]

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Vienne : une production de PELLÉAS ET MÉLISANDE magnifiée par la direction incandescente d’Alain Altinoglu
prochain post
Rouen – L’incomplétude d’un Voyage d’hiver

Vous allez aussi aimer...

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Béatrice Uria-Monzon : biographie, carrière et vie privée - MarseilleJournal.com dans In memoriam – Béatrice URIA-MONZON (1963-2025)
  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Lille, les voix de la...

9 octobre 2026

Découvrez le programme 2027 du Festival...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026