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Maison de Radio France : une heure avec Barbara Hannigan

par Frédéric Meyer 16 juin 2026
par Frédéric Meyer 16 juin 2026
© Christophe Abramowitz
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Barbara Hannigan est assurément une des artistes lyriques les plus étonnantes et les plus douées du moment, liant le chant à la direction d’orchestre avec la même aisance et le même talent dans la simplicité. Très investie dans la musique du XXe siècle, dans laquelle elle est la plus convaincante, aucune de ses prestations ne peut laisser indifférent. Ses succès s’enchaînent les uns après les autres à travers le monde, en alternant les genres aussi différents les uns des autres, de l’Opéra (on se souvient de sa fabuleuse Lulu ou de sa création de Bérénice de Jarell à l’Opéra de Paris) à la musique plus intime qu’elle affectionne, avec un fort goût de l’éclectisme. Surprenant programme ici comme à son habitude pour cette petite heure de musique, beaucoup trop courte, réunissant Hindemith, Brahms et Schreker sous le titre Philar’Intime.
 
Des Todes Tod est un court cycle de lieder de 15 minutes créée par le compositeur allemand Paul Hindemith en 1922, pour une voix de soprano et un quatuor de cordes constitué de deux altos et deux violoncelles. Le premier lied, « Gesicht von Tod und Elend » (« Visage de la mort et du malheur »), s’ouvre et se referme par une longue mélopée de l’alto que rythme le récitatif de la soprano. Le deuxième, « Gottes Tod » (« Mort d’un dieu »), est une méditation triste sur un ton atonal sur un dieu qui désire vivre et mourir afin d’échapper à la fatigue de l’immortalité. Enfin, le troisième lied, « Des Todes Tod », est une courte complainte, où l’alto fusionne avec la voix dans un duo calme et triste. Barbara Hannigan étonne une nouvelle fois dans sa capacité à assurer art du chant et direction d’orchestre. On l’avait déjà noté dans ce même lieu lors de son triomphe avec une remarquable Voix humaine de Poulenc qu’elle chante régulièrement à travers le monde. Elle montre une fois encore sa passion pour les œuvres chambristes dont elle a une parfaite maîtrise.
 
Der Wind (Le Vent) a été composée par le compositeur autrichien Franz Schreker et créée en 1909. C’est un court ballet pantomime de 10 minutes nécessitant un petit ensemble de chambre composé d’un violon, une clarinette, un cor, un violoncelle et un piano. Schreker fait partie de ces musiciens interdits par le régime nazi qui qualifiait leurs compositions de musique dégénérée.
 
Le deuxième sextuor de Brahms avec ses 40 minutes de musique vient compléter cette parenthèse hors du temps.
 
Avec les festivals d’été qui arrivent, on pourra applaudir Barbara Hannigan dans des mélodies de Gesrhwin le 31 juillet à St Jean du Doigt, puis dans un récital le 27 août à Ciboure accompagnée de son grand complice, Bertrand Chamayou. Pour Paris, il faudra attendre janvier 2027 où elle retrouvera le Philarmonique de Radio pour un programme consacré aux compositeurs américains.
Artistes
BARBARA HANNIGAN soprano
 
MUSICIENS DE L’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE RADIO FRANCE
JULIEN BENETEAU clarinette
STÉPHANE BRIDOUX cor
AMANDINE LEY violon
FLORENT BRANNENS violon
AURÉLIA SOUVIGNET-KOWALSKI alto
JULIEN DABONNEVILLE alto
KARINE JEAN-BAPTISTE violoncelle
JÉRÉMIE MAILLARD violoncelle
GEOFFROY COUTEAU piano 
Programme
Franz Schreker
Der Wind
 
Paul Hindemith
Des Todes Tod
 
Johannes Brahms
Sextuor à cordes n°2
 
Maison de la Radio et de la Musique – Auditorium, concert du dimanche 14 juin 2026
 
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Frédéric Meyer

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