À la une
MARINA REBEKA, Vestale et Prêtresse de l’Opéra !
Se préparer à La Vestale (Spontini) – Paris, Théâtre des...
Se préparer à FAUST, Opéra de Paris-Bastille, juin/juillet 2022
Se préparer à MOÏSE ET PHARAON de Rossini – Aix-en-Provence,...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli
Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 200 ans : création...
Ça s’est passé il y a 200 ans : disparition...
TOURS – CONCERTS D’AUTOMNE 2022 : demandez le programme !
Les noces du violon et de la voix au Festival...
OPERAFEST LISBOA 2022
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge
CDMédiathèqueVu pour vous

CD – Madonna della grazia par l’Ensemble Il Caravaggio

par Marc Dumont 31 mars 2021
par Marc Dumont 31 mars 2021
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,1K

Sacré ? Profane ? Le titre même du programme semble faire pencher vers le premier terme, tant l’image de la Madonne est omniprésente. « Une fusion de l’humain et du sacré », dit Anna Reinhold dans le passionnant livret. C’est à un chemin musical fait des plus grands contrastes que nous convient les musiciens de l’ensemble Il Caravaggio. De la pureté de la Vierge Marie aux allusions les plus crues, avec le cul de Cicerenella mia. Des moments apaisés, quasi hors du temps, alternent avec des rythmes endiablés qui nous entraînent dans des danses populaires furieuses.

Ce programme autour de la Madonne de Grâce, titre d’une tarentelle anonyme endiablée, n’est pas un chemin de roses : une mère assiste à la mort de son fils ; une jeune femme déplore l’infidélité d’un amant parjure devenu glacial ; et les roses évoquées dans In sanguine gloria de la compositrice Leonarda sont teintées de rouge sang (« ton sang est plein de roses »).

Le Stabat Mater de Sances qui ouvre le disque nous plonge dans la fêlure d’une partition, la douleur infinie de la mère de Jésus au pied de la croix, les arrachements rythmés par un théorbe complice de la mélancolie. L’Alma redemptoris recèle une inquiétude plus qu’une confiance. Le Lamento della Ninfa, qui n’est pas celui de Monteverdi mais d’Antonio Brunelli, nous fait changer de climat, ouvrant la porte vers des espaces plus populaires, ceux de Cicerenella mia et du Canto delle Lavandaie superbement interprété par… Camille Delaforge elle-même.

Enfin, tout nous mène vers l’air célèbre qui clôt l’enregistrement, Hor ch’é tempo di dormire de Merula, où l’ostinato des cordes pincées offre un écrin précieux et contrasté à la voix d’Anna Reinhold. Si la version de Montserrat Figueras (1992, avec Jordi Savall) était un baume, si celle de Maria-Christina Kiehr (1998, avec Jean Tubéry) était un rêve magique, celle-ci est un drame, celui de la mère qui, tout en berçant son enfant, entrevoit sa destinée fatale. 

Voilà un parcours original, une sorte de labyrinthe d’amour marial italien, exigeant ; car si la Passion des Abruzze (relevée par Giovanna Marini) fait entendre des mélismes orientaux sur un bourdon médiéval, Guilhem Worms chante, monocorde, le désespoir de Marie le jeudi Saint. Il en va de même pour l’Ave Maris Stella, anonyme, dépouillé, là aussi sur un seul bourdon.  La voix y est à son meilleur, malgré une prononciation italienne peu idiomatique. Ailleurs, on aurait souhaité plus de grâce et d’homogénéité dans la voix du chanteur, qui révèle quelques  limites dans les notes de passage…
Cela nous met face au regret que suscite cet enregistrement : pourquoi accorder tant de place à la voix masculine dans un programme dédié aux femmes ? La présence d’Anna Reinhold est trop rare – même si elle semble parfois un peu moins à l’aise que d’habitude…

Reste cette impression d’un voyage vers un ailleurs intérieur, distillé grâce au cheminement musical et au jeu sur les couleurs instrumentales, malgré le violon un peu acide de Fiona-Emilie Poupard. Depuis son clavecin ou son orgue, Camille Delaforge passe de la subtilité à la vélocité et entraine son ensemble à jouer sur les contrastes. Il Caravaggio porte bien son nom

Les artistes

Anna Reinhold   mezzo-soprano
Guilhem Worms   baryton-basse
Robin Summa   baryton
Ensemble Il Caravaggio, dir. Camille Delaforge

Le programme

Ouvres de Strozzi, Cavalli, Merula, Rigatti, Leonarda ; oeuvres anonymes.

1 CD Klarthe Records

0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

post précédent
Sophie Koch : bientôt Sieglinde !
prochain post
Phryné inédite enregistrée à l’Opéra de Rouen

Vous allez aussi aimer...

Les noces du violon et de la voix...

22 juin 2022

Montpellier : Danse avec les Sept péchés capitaux

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à l’Opéra Garnier...

21 juin 2022

Israël en Égypte à la Philharmonie : Magnificent...

21 juin 2022

À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie...

17 juin 2022

À Bruxelles, Les Huguenots plus forts que la...

17 juin 2022

Belle-Ile : 24e édition du Festival Lyrique-en-mer

15 juin 2022

LA GIOCONDA de retour à la Scala après...

14 juin 2022

À Florence, une très agréable Ariadne auf Pergola

14 juin 2022

A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

13 juin 2022

En bref

  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik

    30 août 2022
  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli

    19 août 2022
  • Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort

    29 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance du baryton-basse Bernard Ładysz

    24 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance de la basse Gérard Serkoyan

    14 juillet 2022

Humeurs

  • Question de langues…

    9 juin 2022

Édito

  • Édito de juin : « Cher » Opéra…

    1 juin 2022

Chorégies d’Orange 2022

https://www.youtube.com/watch?v=W9N7r9XM4-U

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Brigitte MACQ dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Marc dans À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie dramatique de Bach !
  • Emma Couderc dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier
  • Stéphane Lelièvre dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les noces du violon et de...

22 juin 2022

Montpellier : Danse avec les Sept...

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à...

21 juin 2022