À la une
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

Festival de Saint-Denis : un superbe Chant de la terre dans la rare version d’Arnold Schönberg

par Patrice Gay 6 juin 2022
par Patrice Gay 6 juin 2022
© Festival de Saint-Denis
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,8K

Le Chant de la Terre de Gustav Mahler : une symphonie de chambre expressionniste au Festival de Saint-Denis

Ce concert est en quelque sorte une renaissance : après avoir enregistré l’œuvre en juillet 2020 dans une Basilique déserte pour cause de pandémie, Maxime Pascal à la tête de son ensemble Le Balcon offre enfin Das Lied von der Erde de Gustav Mahler au public du Festival de Saint-Denis.

L’œuvre est habituée du Festival, mais c’est la version choisie qui est plus singulière sous ces voûtes immenses, puisqu’il s’agit de l’arrangement qu’Arnold Schönberg propose en 1920 pour orchestre de chambre. Si Mahler n’hésitait pas à parler de symphonie pour désigner cet ensemble de six lieder, cette version chambriste donne un caractère intime à une œuvre dont elle souligne l’intériorité. Nous ne sommes pas loin, parfois, d’entendre un quatuor, voire un quintette ou encore un sextuor tant les instruments se répondent les uns aux autres. C’est une très belle et très émouvante réussite à laquelle la voix cuivrée du ténor Kévin Amiel et le timbre de mélodiste du baryton Stéphane Degout conviennent parfaitement. Le dialogue, voire le duel, entre les voix et les instruments est constant, restituant la grande variété des couleurs de l’œuvre originale sans pour autant lui ôter son caractère dramatique. On pouvait en effet redouter qu’une version aussi intimiste n’ôte à l’œuvre sa force première. Il n’en est rien alors que nous sommes transportés loin des masses de l’orchestre mahlérien. N’hésitons pas à parler de redécouverte : Arnold Schönberg nous fait entendre, treize ans après sa Kammersymphonie, une sorte de seconde symphonie de chambre, pour voix cette fois-ci, et la direction précise de Maxime Pascal sert parfaitement son idée.

Si l’attaque du premier lied surprend peu l’auditeur qui reconnaît bien toute la force mahlérienne de ce Trinklied vom Jammer der Erde (« Le chant à boire de la douleur de la Terre »), bien vite la musique de chambre, notamment dans les cordes, apparaît. Kévin Amiel a toute la force nécessaire qui lui permet de se fondre parfois avec l’orchestre ; sa voix, rompue au bel canto, restitue également toutes les couleurs mahlériennes et constitue une fort belle parade contre tout risque d’uniformité. Aussi est-il parfait dans le Von der Jugend (« De la jeunesse ») où la rondeur du timbre fait merveille. Le lied suivant, Von der Schönheit (« De la beauté ») permet aux instrumentistes de témoigner d’une belle virtuosité, notamment dans le crescendo final lorsque la voix et l’orchestre semblent se confondre et s’unir.

Jamais on n’a aussi bien entendu que dans cette version des instruments tels que la clarinette ou le hautbois, jamais le dialogue entre les cordes et les vents, entre les graves et les aigus n’a tant frappé l’oreille de l’auditeur. Maxime Pascal parvient à donner tout à la fois une très grande cohérence à un ensemble qui, pourtant, semble n’associer que des solistes. Les instrumentistes, rompus à tous les répertoires, qui s’adaptent en fonction des concerts et des musiques, sont tous remarquables. Toute la soirée, la petite voix du premier violon, fort lyrique, se fait entendre et semble suivre le chemin musical tracé par le chef. Ce dernier manifeste une remarquable compréhension de la musique de Mahler et de l’idée de Schönberg. On entend comme jamais des échos d’une musique populaire qui font songer à la Symphonie Titan. L’œuvre se colore d’un caractère expressionniste frappant, qui nous éloigne de tout pathos.

Après un Trunkene im frühling (« L’homme ivre au printemps ») quelque peu straussien, le public attend l’ample Abschied (« L’adieu »), dans lequel nous retrouvons toute l’émotion contenue, la tension dramatique et l’intériorité des lieder précédents. Stéphane Degout est encore absolument remarquable, comme plongé en lui-même, soutenu par les percussions et le piano.

Un fort beau concert, dont on pourra prolonger le plaisir en écoutant la version discographique, tout juste parue chez B Records (1 CD B Records, 27 mai 2022)

Les artistes

Kévin Amiel, ténor
Stéphane Degout, baryton
Le Balcon, orchestre
Florent Derex, projection sonore

Maxime Pascal, direction

Le programme

Das Lied von der Erde

Symphonie pour ténor, baryton et orchestre, créée le 20 novembre 1911, version d’Arnold Schönberg pour orchestre de chambre (1920)

Festival de Saint-Denis, mercredi 1er juin 2022

image_printImprimer
Kévin AmielStéphane DegoutMaxime Pascal
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Patrice Gay

Patrice Gay est agrégé de Lettres modernes. Après des études de Lettres à l’Université de Clermont-Ferrand, il enseigne en collège, puis en lycée. Il est aujourd’hui professeur de culture générale en classe préparatoire économique à Versailles. Passionné d’opéra, il a conduit de nombreux projets pédagogiques autour d’un spectacle lyrique (Châtelet, Opéra national de Paris, TCE) avec des élèves de lycée (seconde et première) et également avec des étudiants de CPGE technologique.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Journée mondiale de l’environnement : un Opéra éco-responsable ?
prochain post
Thomas HENGELBROCK

Vous allez aussi aimer...

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Béatrice Uria-Monzon : biographie, carrière et vie privée - MarseilleJournal.com dans In memoriam – Béatrice URIA-MONZON (1963-2025)
  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Lille, les voix de la...

9 octobre 2026

Découvrez le programme 2027 du Festival...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026