À la une
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

CDMédiathèqueVu pour vous

CD – Fatma Said, Kaléidoscope : les mille facettes d’un art du chant

par Stéphane Lelièvre 22 septembre 2022
par Stéphane Lelièvre 22 septembre 2022
© James Bort
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
3,4K
Les artistes

Fatma Said, soprano

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dir. Sascha Goetzel.
Quinteto Ángel
Vision string quartet

Le programme

Kaleidoscope

Œuvres de Bassa, Massenet, Messager, Straus, Strauss II, Lehár, Offenbach, Gounod, Giménez, Loewe, Schröder, Berlin, Weill, Gardel, Villoldo, Piazzolla, Gainsbourg, Paoli, Merrill et Rubicam.

1 CD Warner Classics, septembre 2022.

Parallèlement à une carrière qui, à l’opéra, sollicite fréquemment Mozart ou le répertoire baroque, Fatma Said convoque au concert, en récital ou au disque un large panel de styles musicaux, témoignant d’un bel éclectisme et d’une vraie curiosité artistique. Alors que son premier album (El Nour) paru chez Warner proposait un florilège de mélodies françaises et espagnoles (voyez ici le compte rendu de Sabine Teulon-Lardic), la voici de retour avec un CD dont le titre, Kaléidoscope, annonce clairement  que nous nous apprêtons à découvrir les mille facettes de l’art d’une chanteuse atypique.

De fait, Fatma Said, dans son nouvel album, a pris soin de ne pas se cantonner au seul genre lyrique, mais d’ouvrir large l’éventail des possibles en convoquant aussi bien la comédie musicale que l’opéra, l’opérette, l’opéra-comique, la zarzuela, le jazz, la pop, la variété… En découvrant le programme sur la pochette du CD, on pourrait craindre que l’ensemble ne donne une impression de disparate, et que ce trop grand éclectisme ne débouche sur un dommageable manque de cohérence. Pourtant, on se laisse convaincre par les arguments de la chanteuse (exposés dans la notice du CD), laquelle se propose de brosser le portrait de femmes issues de cultures on ne peut plus variées, le fil conducteur permettant de relier entre elles les pages musicales étant la danse : de fait, chaque air retenu se déploie sur un rythme de danse, qu’il s’agisse d’une valse, d’un boléro, d’un tango ou d’une habanera…
Côté lyrique, si le boléro de La Fiancée en loterie (Messager) est enlevé avec brio et humour, les rôles de Manon ou Juliette sont peut-être encore un peu surdimensionnés pour la chanteuse : en dépit de la beauté de la voix (qui rappelle parfois celle de Kathleen Battle, avec cependant une densité de timbre supérieure et des graves plus charnus), la projection paraît encore un peu restreinte pour ces emplois très lyriques – encore faudrait-il entendre la chanteuse sur scène pour en être sûr… -, et l’aigu se déploiera sans doute avec plus de franchise dans quelque temps. Mais ce que l’on apprécie avant tout dans cet enregistrement, c’est l’incroyable facilité avec laquelle la chanteuse passe d’un style à l’autre et adapte sa technique en fonction des esthétiques abordées : capable d’alléger le timbre, d’abandonner l’émission vocale de type « classique » pour un retour à la voix « naturelle », de colorer la ligne de chant de certaines raucités, de s’abandonner avec gourmandise à certains effets jazzy, la chanteuse n’est jamais prise en flagrant délit de « sophistication excessive » dans des pages qui appellent une franchise vocale ou une simplicité (apparente) dans l’interprétation bien éloignée de l’univers de l’opéra. Bref, jamais nous n’avons l’impression d’avoir affaire à une diva égarée en des terres qui ne sont pas les siennes ! Nous ne pouvons pas toujours en dire autant de certaines consœurs qui ont tenté pareille aventure…

Si l’on ajoute à cela que les arrangements musicaux des pages non classiques sont très soignés et que les partenaires de Fatma Said sont tous très talentueux (instrumentistes et chanteurs : Marianne Crebassa apporte à la chanteuse une réplique de grand luxe dans la barcarolle des Contes d’Hoffmann), on comprendra que l’on tient là un album atypique mais très séduisant, d’autant qu’il permet de (re)découvrir plusieurs pages rarement entendues !

Retrouvez Fatma Said en interview ici !

La barcarolle des Contes d'Hoffmann avec Marianne Crebassa
"Yo Soy María" (Piazzolla: María de Buenos Aires)
image_printImprimer
Fatma Saïd
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
L’ÉCLAIR au Grand Théâtre de Genève : Halévy à l’Opéra-Comique
prochain post
I CAPULETI E I MONTECCHI à Bastille : Roméo et Juliette, trente ans après

Vous allez aussi aimer...

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Béatrice Uria-Monzon : biographie, carrière et vie privée - MarseilleJournal.com dans In memoriam – Béatrice URIA-MONZON (1963-2025)
  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Lille, les voix de la...

9 octobre 2026

Découvrez le programme 2027 du Festival...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026