À la une
MARINA REBEKA, Vestale et Prêtresse de l’Opéra !
Se préparer à La Vestale (Spontini) – Paris, Théâtre des...
Se préparer à FAUST, Opéra de Paris-Bastille, juin/juillet 2022
Se préparer à MOÏSE ET PHARAON de Rossini – Aix-en-Provence,...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli
Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 200 ans : création...
Ça s’est passé il y a 200 ans : disparition...
TOURS – CONCERTS D’AUTOMNE 2022 : demandez le programme !
Les noces du violon et de la voix au Festival...
OPERAFEST LISBOA 2022
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge
Compte renduProductionVu pour vous

La Chauve-Souris à l’Opéra Grand Avignon – Quelle mise en scène !!

par Nicolas Darbon 22 juin 2021
par Nicolas Darbon 22 juin 2021
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
388

Crédit photos : © Laurent Guizard

Après le confinement, une production régénérante !

L’opérette de Johann Strauss, que tout le monde connaît, parvient à nous surprendre et nous transcender grâce à la mise en scène à la fois inattendue et intelligente de Jean Lacornerie et au dynamisme de la narratrice Anne Girouard. Une extraordinaire réussite. 

La musique, nous la connaissons par cœur, et tous les ingrédients sont présents et parfaitement mis en place par l’Opéra Grand Avignon, dans cette salle « polyvalente » en kit qui disparaîtra une fois la salle historique du centre-ville restaurée. En revanche, ce qui est exceptionnel, ce sont les idées de mise en scène et de décor. Les mots ne suffisent pas pour exprimer notre admiration. Courrez voir cette opérette « de » Jean Lacornerie. C’est à se demander s’il n’a pas subi lui-même l’état de transe chamanique qui a pris le compositeur au moment de l’écriture de l’opérette, ainsi qu’il nous le narre : « [Strauss était] dans un état de surexcitation permanente (…) enfermé pendant 43 jours et 43 nuits dans son cabinet de travail, il aurait poussé son génie jusqu’aux limites du délire ». C’est cette « fièvre » de la musique, enchérit Jean Lacornerie, « qu’il faut mettre en scène pour qu’elle nous possède à nouveau ».

 

Le sujet est classique : des banquiers et aristocrates viennois aspirent au plaisir, ce qui passe par des tromperies, des déguisements, et les conduit dans d’invraisemblables quiproquos. Rien de nouveau, mais la musique emporte tout : « La musique dans La Chauve-Souris est plus grande que les intrigues et les personnages de la comédie » ajoute le metteur en scène. De cette faiblesse dramatique, il fait une force, explorant la « dimension onirique » que Dumas qualifiait de « rêve inspiré ».

 

Le Docteur Falke, ami de l’aristocrate Gabriel von Eisenstein, veut sa vengeance : il y a quelques années, il fut ridiculisé en costume de chauve-souris. Le baryton Horst Lamnek assume bien ce rôle, de même que le ténor Stephan Genz, dans les habits de von Eisenstein, lequel veut profiter des plaisirs, avant son départ en prison. Hélas il va se retrouver dans une soirée où se trouvent son épouse, Rosalinde et sa servante Adèle, qui sont bien sûr déguisées et méconnaissables, se jouent des turpitudes masculines, incarnées par Éléonore Marguerre et Claire de Sévigné, deux voix qui nous ont positivement impressionné, au contraire, avouons-le, des autres personnages, plus ordinaires. La première possède une belle aisance. Elle passe ainsi d’une partie légère (lors de son duo avec Eisenstein, acte I) à une csárdás ardue, alternant les registres de soprano lyrique et les styles virtuoses et slaves ; sa voix, au médium assez timide au début, s’est affirmée peu à peu. La seconde a tout simplement brillé ; dès le départ, son timbre homogène et agréable de soprano léger colorature s’est joué des difficultés ; nous retiendrons ses magnifiques aigus, attaqués et tenus à la perfection. Les autres personnages ont été campés avec moins de relief : le ténor léger Alfred chanté par Milos Bulajic offre une jolie sérénade à Rosalinde ; son manque de puissance nuit légèrement aux ensembles vocaux ; la mezzo Stéphanie Houtzeel incarne bien l’ambiguïté du Prince Orlovsky. Encore plus évanescente, la sœur d’Adèle, Ida, qui l’accompagne à la soirée, est chantée par la soprano Veronika Seghers avec justesse, de même que l’avocat Dr. Blind, devient quasi comique avec le ténor François Piolino. Tous ces chanteurs et acteurs, suisses, allemands, autrichiens, canadiens… possèdent une excellente diction chantée, comme il se doit dans l’opérette. Sur un même niveau, sans brio, mais efficaces, il faut placer les danseurs, le chœur et l’orchestre d’Avignon dirigé par Claude Schnitzler.

La magie vient de la mise en scène, dont le premier principe, extension du ventriloque, consiste à confier les passages parlés (habituellement par les chanteurs en langue allemande) à une seule actrice, souvent sur scène, pendant que le chanteur mime cette parole. La narratrice Anne Girouard est admirable dans ce rôle très prolifique ; d’autant qu’elle doit, par surcroît, assumer un véritable rôle, celui de Frosch, dans l’acte III ; sans parler du One Woman Show qu’elle nous propose pendant l’interlude succédant à l’acte II, prenant le chef d’orchestre ou le percussionniste à partie…

Autre principe : la verticalisation de l’action. Dès l’ouverture, le décor est à la fois une façade et un mur intérieur dont les fenêtres/tableaux laissent apparaître des personnages ou des symboles, annonçant les thèmes futurs. Les choses s’horizontaliseront peu à peu. Il faudrait des pages entières pour décrire toutes les subtilités de ce spectacle, au point que – ce qui est rare – l’on se prend de l’envie irrésistible de le revoir afin d’en goûter et re-goûter tous les artifices. Tout s’éclaire et tout s’enrichit. Il n’est certes pas facile de suivre une intrigue au rythme effréné en langue allemande. Pas dans cette version ! Le coup de force n’est pas d’innover, mais de servir et de magnifier le propos. Dans ce sens, cette mise est scène est un modèle.

Les artistes

Gabriel von Eisenstein   Stephan Genz
Adèle   Claire de Sévigné
Ida   Veronika Seghers
Alfred   Milos Bulajic
Dr. Falk   Thomas Tatzl
Dr. Blind   François Piolino
Franck   Horst Lamnek
Prince Orlofsky   Stéphanie Houtzeel
Narratrice / Frosch   Anne Girouard

Orchestre National Avignon-Provence, Chœur de l’Opéra Grand Avignon, dir. Claude Schnitzler
Mise en scène   Jean Lacornerie

Le programme

Die Fledermaus (La Chauve-Souris)

Opérette en trois actes de Johann Srauss, livret de Richard Genée et Karl Haffner d’après Le Réveillon d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Création à Vienne le 5 avril 1874

Représentation du samedi 19 juin 2021, Opéra Grand Avignon

Johann Strauss
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Nicolas Darbon

Nicolas Darbon est maître de conférences (HDR) à Aix-Marseille Université. Avant sa carrière universitaire, il a été , il a été pendant plus de vingt ans professeur de musique en collèges-lycées. Spécialiste de la musique des XXe-XXIe siècles, il a organisé de nombreux colloques. Il coordonne le Groupe de recherche sur la musique (GRiiiM), encadre le Journal du GRiiiM et les journées d'études organisées aux Antilles. Parmi ses derniers livres Musique et Littérature en Guyane : explorer la transdiction, publié en 2018 chez Garnier Classiques ; ainsi que Les Musiques du chaos ; Dutilleux... du cristal à la nuée, Messiaen... les sons impalpables du rêve, Musica y Complejidad. Il contribue à l'Histoire de l'opéra français publié chez Fayard, à L'Avant-scène opéra, et rédige de nombreux articles sur l'opéra. Il est compositeur et président de Millénaire III éditions.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

post précédent
Napoléon et la musique (2) – Reconstitution historique réussie aux Champs-Élysées
prochain post
Plácido Domingo, le dernier géant en récital salle Gaveau

Vous allez aussi aimer...

Les noces du violon et de la voix...

22 juin 2022

Montpellier : Danse avec les Sept péchés capitaux

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à l’Opéra Garnier...

21 juin 2022

Israël en Égypte à la Philharmonie : Magnificent...

21 juin 2022

À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie...

17 juin 2022

À Bruxelles, Les Huguenots plus forts que la...

17 juin 2022

Belle-Ile : 24e édition du Festival Lyrique-en-mer

15 juin 2022

LA GIOCONDA de retour à la Scala après...

14 juin 2022

À Florence, une très agréable Ariadne auf Pergola

14 juin 2022

A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

13 juin 2022

En bref

  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik

    30 août 2022
  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli

    19 août 2022
  • Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort

    29 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance du baryton-basse Bernard Ładysz

    24 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance de la basse Gérard Serkoyan

    14 juillet 2022

Humeurs

  • Question de langues…

    9 juin 2022

Édito

  • Édito de juin : « Cher » Opéra…

    1 juin 2022

Chorégies d’Orange 2022

https://www.youtube.com/watch?v=W9N7r9XM4-U

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Brigitte MACQ dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Marc dans À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie dramatique de Bach !
  • Emma Couderc dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier
  • Stéphane Lelièvre dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les noces du violon et de...

22 juin 2022

Montpellier : Danse avec les Sept...

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à...

21 juin 2022