À la une
MARINA REBEKA, Vestale et Prêtresse de l’Opéra !
Se préparer à La Vestale (Spontini) – Paris, Théâtre des...
Se préparer à FAUST, Opéra de Paris-Bastille, juin/juillet 2022
Se préparer à MOÏSE ET PHARAON de Rossini – Aix-en-Provence,...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli
Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 200 ans : création...
Ça s’est passé il y a 200 ans : disparition...
TOURS – CONCERTS D’AUTOMNE 2022 : demandez le programme !
Les noces du violon et de la voix au Festival...
OPERAFEST LISBOA 2022
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge
Compte renduProductionVu pour vous

Les festivals de l’été – Denis et Katya, création fulgurante à Montpellier

par Gilles Charlassier 30 juillet 2021
par Gilles Charlassier 30 juillet 2021
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
478

Crédit photos : © Marc Ginot

Créé en septembre 2019 à Philadelphie lors du festival Opera 21 qui ouvre désormais la saison  pennsylvanienne, et récompensé par le Prix Fedora Generali pour l’opéra la même année, Denis et Katya, deuxième opus lyrique de Philip Venables, qui constitue, après Psychose 4.48 en 2016, sa deuxième collaboration avec Ted Huffman, est donné en première française à l’Opéra national de Montpellier, où le metteur en scène américain est en résidence artistique, dans le cadre du Festival de Radio France. L’ouvrage part d’un fait divers qui a eu un certain retentissement médiatique grâce à la toile et aux réseaux sociaux. En novembre 2016, dans le village russe de Strugi Krasnye, deux adolescents ont diffusé, sur Periscope, des vidéos de leur fugue, jusqu’à son issue fatale. De ce matériau, entre fait divers et voyeurisme – avec les commentaires des téléspectateurs –, Ted Huffman et Philip Venables ont tiré un objet lyrique d’un format inédit.

Juxtaposant les sources, le livret, conçu avec l’appui dramaturgique de Ksenia Ravvina, prend l’allure d’une mosaïque dramaturgique de 134 numéros – d’une durée de cinq secondes à deux minutes selon les séquences – à deux voix et six personnages esquissant une reconstitution, sans prétendre à quelque impossible certitude. Des vignettes Whatsapp – que l’on déduit être la retranscription d’échanges entre l’écrivain et le compositeur – jalonnent le récit, comme un contrepoint-laboratoire où l’œuvre est en train de s’écrire. Quelques copies de messages Periscope s’intercalent ça et là, mais, dans le refus de la curiosité obscène voulu par l’équipe créatrice et dont on suit les scrupules au fil des interactions sur Whatsapp, le vidéaste Pierre Martin ne diffuse aucune des images enregistrées par les protagonistes. Seul un lent et long travelling de la gare de Strugi Krasnye, accompagnant le lamento après la déflagration tragique, vient se projeter sur l’écran en fond de scène. Imaginée en évidente symbiose avec le texte, la partition, confiée à un quatuor de violoncelles, sait s’approprier les ressources du silence et du kaléidoscope de miniatures cellulaires qui s’enchaînent, pour moduler un crescendo, en intensité comme en tempi, jusqu’au climax, avant un reflux étale aux allures d’épilogue.

Dessinée par Andrew Lieberman, la scénographie minimaliste, réduite à une chaise et une rampe lumineuse aux coins de laquelle se répartissent les quatre violoncellistes – remarquables pupitres de l’Orchestre national Montpellier Occitanie, parmi lesquels le solo supersoliste Cyrille Tricoire – contribue à la concentration de ce théâtre de jeu de rôles, où les deux solistes incarnent à deux têtes les interventions des personnages, dans une modulation codifiée des registres qui permet de caractériser et d’identifier chacun – la journaliste est chantée par la soprano tandis que le baryton parle, répartition inversée pour l’ami ; la voisine est chantée en russe par la soprano et paraphrasée en langue vernaculaire par le baryton, équilibre renversé pour l’ado ; le professeur est chanté à l’unisson rythmique par les deux solistes, tandis que la partie de l’ambulancier est une alternance de chant sans paroles et de texte parlé.

On saluera l’engagement de Chloé Briot, dont la voix de soprano s’est un peu corsée, et restitue une large palette d’affects et d’interrogations, autant dans la netteté du chant que dans la clarté de la diction. Allophone, Elliot Madore n’en affirme pas moins un français intelligible, à peine coloré par un léger accent qui n’obère aucunement l’investissement également admirable, jusque dans les répliques parlées. Notons que la création à Philadelphie s’est faite en anglais, mais une traduction a été réalisée par Arthur Lavandier et Alphonse Cemin, membres de l’ensemble de Maxime Pascal, Le balcon, pour cette première française, et l’ouvrage a ainsi vocation à connaître des versions successives au gré des langues d’usage des lieux de représentations. De ce fait, l’habituel recours aux surtitres est court-circuité. Nul besoin de compenser les difficultés de compréhension immédiate : à rebours de certaines traditions, l’écriture lyrique de Denis et Katya façonne une intelligence naturelle du texte.

Drame autant qu’opéra répondant pleinement à la définition de théâtre en musique, économe en moyens, l’ouvrage condense ainsi une réflexion forte et complexe sur notre monde d’aujourd’hui, sans sacrifier l’impact de l’émotion. En une heure dix, la création de Philip Venables et Ted Huffman s’affranchit des controverses intellectuelles pour confirmer la vitalité de la création lyrique contemporaine, dans un format resserré, d’une dense efficacité, qui favorisera une tournée, légitime et attendue, même sur les scènes plus modestes.

Les artistes

Chloé Briot : soprano
Elliot Madore : baryton

Cyrille Tricoire, Sophie Gonzalez del Camino, Yannick Callier, Camille Supéra : violoncelles

Ted Huffman : mise en scène

Le programme

Denis et Katya

Opéra de Philip Venables, livret de Ted Huffman, traduction française par Arthur Lavandier, créé le 18 septembre 2019 à l’Opéra de Philadelphie.

Festival de Radio France Occitanie Montpellier, Opéra Comédie,  représentation du 26 juillet 2021.

0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Gilles Charlassier

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

post précédent
30 juillet -Journée internationale de l’amitié
prochain post
Les festivals de l’été – Jeanne Gérard, une intelligence musicale aux Estivales en Médoc

Vous allez aussi aimer...

Les noces du violon et de la voix...

22 juin 2022

Montpellier : Danse avec les Sept péchés capitaux

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à l’Opéra Garnier...

21 juin 2022

Israël en Égypte à la Philharmonie : Magnificent...

21 juin 2022

À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie...

17 juin 2022

À Bruxelles, Les Huguenots plus forts que la...

17 juin 2022

Belle-Ile : 24e édition du Festival Lyrique-en-mer

15 juin 2022

LA GIOCONDA de retour à la Scala après...

14 juin 2022

À Florence, une très agréable Ariadne auf Pergola

14 juin 2022

A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

13 juin 2022

En bref

  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik

    30 août 2022
  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli

    19 août 2022
  • Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort

    29 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance du baryton-basse Bernard Ładysz

    24 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance de la basse Gérard Serkoyan

    14 juillet 2022

Humeurs

  • Question de langues…

    9 juin 2022

Édito

  • Édito de juin : « Cher » Opéra…

    1 juin 2022

Chorégies d’Orange 2022

https://www.youtube.com/watch?v=W9N7r9XM4-U

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Brigitte MACQ dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Marc dans À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie dramatique de Bach !
  • Emma Couderc dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier
  • Stéphane Lelièvre dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les noces du violon et de...

22 juin 2022

Montpellier : Danse avec les Sept...

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à...

21 juin 2022