À la une
MARINA REBEKA, Vestale et Prêtresse de l’Opéra !
Se préparer à La Vestale (Spontini) – Paris, Théâtre des...
Se préparer à FAUST, Opéra de Paris-Bastille, juin/juillet 2022
Se préparer à MOÏSE ET PHARAON de Rossini – Aix-en-Provence,...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli
Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 200 ans : création...
Ça s’est passé il y a 200 ans : disparition...
TOURS – CONCERTS D’AUTOMNE 2022 : demandez le programme !
Les noces du violon et de la voix au Festival...
OPERAFEST LISBOA 2022
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge
Compte renduProduction

VIOLANTA (Korngold) à Turin – Beaucoup à entendre, moins à voir…

par Laurent Bury 14 juillet 2020
par Laurent Bury 14 juillet 2020
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
380

Crédit photos : © OperaVision

 

Alors que Die tote Stadt (1920) s’inscrit peu à peu au répertoire de tous les grands théâtres d’opéra (c’est notamment dans cette œuvre que Jonas Kaufmann a effectué sa dernière prise de rôle en décembre 2019), quelques maisons plus aventureuses osent présenter les autres opus lyriques d’Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Le Miracle d’Heliane, monté récemment par l’Operaballet Vlaanderen en octobre 2017 et par le Deutsche Oper de Berlin en mars 2018. À Turin, c’est le tout premier opéra de Korngold qui était à l’affiche en janvier dernier, pour la création italienne de l’oeuvre. Créé en 1916 à Munich le même soir qu’un autre acte lyrique du même compositeur, L’Anneau de Polycrate, Violanta est depuis longtemps connu grâce à un enregistrement dirigé par Marek Janowski, avec Eva Marton, Siegfried Jerusalem et Walter Berry, paru en 1980.

Cet opéra d’un tout jeune homme (Korngold fut un enfant prodige) s’inscrit évidemment dans la continuité d’un certain nombre d’œuvres représentatives de la modernité lyrique allemande au début du XXe siècle. On pense bien sûr à la Salomé de Richard Strauss (1905), et aussi au triangle amoureux qui est au cœur d’un autre opéra en un acte inspiré d’Oscar Wilde, Une tragédie florentine d’Alexander von Zemlinsky (1906). Violanta offre le même cocktail de désir et de mort, dans une version un peu moins vénéneuse bien que tout aussi imprégnée d’un certain symbolisme fin-de-siècle. Souhaitant venger sa  défunte sœur, l’héroïne éponyme attire chez elle l’homme qui l’avait séduite puis abandonnée, mais alors qu’elle prévoyait de le faire assassiner par son mari, elle révèle qu’elle s’est éprise de lui dès le premier regard. Quand l’époux paraît l’épée à l’a main, Violanta s’interpose et, frappée d’un coup fatal destiné au séducteur, elle expire « libérée du péché et du désir ». Après une première scène situant l’action pendant le carnaval de Venise à la Renaissance, l’opéra repose surtout sur un long duo entre Violanta et Alfonso qui rappelle Tristan, l’héroïne de Korngold étant, comme Isolde, censée d’abord détester celui qu’elle a face à elle. Pour traduire la naissance de l’amour dans le cœur de Violanta, Korngold trouve des accords mystérieux très proches de la musique « magique » imaginée par Franz Schreker dans Le Son lointain (1912).

Face à cette œuvre rare, Pier Luigi Pizzi a recours à sa méthode habituelle, en privilégiant l’harmonie esthétique : décor en camaïeu de rouge avec deux immenses rideaux de brocart rappelant les imprimés de Fortuny chers à Proust, costumes correspondant à l’époque de la création de l’œuvre, le carnaval permettant quelques renvois au XVIe siècle. Tout cela est extrêmement élégant, mais il ne se passe vraiment pas grand-chose sur le plan dramatique. Heureusement, la somptuosité orchestrale, dont Pinchas Steinberg sait organiser le déferlement, compense cette vacuité scénique.

Le Regio de Turin est allé chercher des chanteurs hors des frontières nationales, en tout cas pour les personnages principaux. On soulignera néanmoins la prestation émouvante de la mezzo italienne Anna Maria Chiuri en nourrice de l’héroïne. Le ténor Peter Sonn s’acquitte très honorablement du court rôle du peintre Giovanni Bracca, chantre de l’épicurisme. L’autre ténor, l’Américain Norman Reinhardt, est plus exposé, et l’on admire sa prestation vocale, malgré une direction d’acteurs absente qui livre le chanteur à lui-même. Le baryton Michael Kupfer-Radecky a le tort de donner au mari de Violanta des intonations hargneuses et nasales de « méchant », ce qui fausse un peu l’équilibre des personnages. Mais c’est bien sûr la soprano néerlandaise Annemarie Kremer qui écope de l’emploi le plus lourd, de format wagnérien (ou straussien, ce qui revient parfois au même) ; habituée des grands rôles du répertoire – Tosca, Isolde, Salomé –, elle surmonte sans difficulté apparente les difficultés de la partition, et l’on peut imaginer qu’elle brillera, toujours chez Korngold, dans le rôle d’Heliane à Enschede (Pays-Bas) en septembre 2021.

Les artistes

Violanta : Annemarie Kremer
Simone Trovai : Michael Kupfer-Radecky
Alfonso : Norman Reinhardt
Giovanni Bracca : Peter Sonn
Bice : Soula Parassidis
Barbara, nourrice de Violanta : Anna Maria Chiuri
Matteo : Joan Folqué
Premier soldat : Cristiano Olivieri
Second soldat : Gabriel Alexander Wernick
Première servante : Eugenia Braynova
Seconde servante : Claudia De Pian

Orchestre et chœurs : Teatro Regio Torino, dir. Pinchas Steinberg

Mise en scène, décors & costumes : Pier Luigi Pizzi

 

Le programme

Violanta

Opéra en un acte de Korngold, livret de Hans Müller-Einigen, créé le 28 mars 1916 au Théâtre national de Munich.

Production du Teatro Regio de Turin (2020)

KorngoldPier Luigi PizziPinchas Steinberg
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

post précédent
La Fiancée vendue ( Garsington Opera) – Une fiancée très anglaise…
prochain post
Streaming – Verdi, LES VÊPRES SICILIENNES (Rome) – Caillasse ton porc !

Vous allez aussi aimer...

Montpellier : Danse avec les Sept péchés capitaux

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à l’Opéra Garnier...

21 juin 2022

Israël en Égypte à la Philharmonie : Magnificent...

21 juin 2022

À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie...

17 juin 2022

À Bruxelles, Les Huguenots plus forts que la...

17 juin 2022

LA GIOCONDA de retour à la Scala après...

14 juin 2022

À Florence, une très agréable Ariadne auf Pergola

14 juin 2022

A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

13 juin 2022

John Nelson dirige un mémorable Roméo et Juliette...

11 juin 2022

Fallait-il réveiller Frédégonde ?…

11 juin 2022

En bref

  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik

    30 août 2022
  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli

    19 août 2022
  • Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort

    29 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance du baryton-basse Bernard Ładysz

    24 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance de la basse Gérard Serkoyan

    14 juillet 2022

Humeurs

  • Question de langues…

    9 juin 2022

Édito

  • Édito de juin : « Cher » Opéra…

    1 juin 2022

Chorégies d’Orange 2022

https://www.youtube.com/watch?v=W9N7r9XM4-U

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Brigitte MACQ dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Marc dans À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie dramatique de Bach !
  • Emma Couderc dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier
  • Stéphane Lelièvre dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Montpellier : Danse avec les Sept...

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à...

21 juin 2022

Israël en Égypte à la Philharmonie...

21 juin 2022