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Rigoletto à l’Opéra Bastille : une seconde distribution prestigieuse !

par Camillo Faverzani 8 novembre 2021
par Camillo Faverzani 8 novembre 2021
© Elisa Haberer / Opéra national de Paris
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Rigoletto à l’Opéra Bastille – Nouvelle reprise d’une des œuvres les plus populaires du répertoire, avec une seconde distribution prestigieuse !

Des sommets comparables

Deux distributions alternent pour cette reprise de Rigoletto dans la mise en scène de Claus Guth, ce qui permet à l’Opéra Bastille de donner l’une des œuvres les plus populaires du répertoire à des dates très rapprochées, parfois même consécutives. Si la première programme des noms peut-être plus médiatisés, du moins de nos jours, on peut aisément en déduire qu’il s’agit d’un agencement davantage chronologique que hiérarchique, les deux interprétations se hissant, à des titres divers, sur des sommets comparables. Indépendamment du plaisir de retrouver le chef-d’œuvre de Verdi, l’intérêt de ces nombreuses représentations réside surtout dans les deux ténors. En effet, le public parisien avait déjà eu l’occasion d’entendre le Rigoletto de Ludovic Tézier, bien que pour deux soirées, au printemps 2016, et Željko Lučić avait assuré toutes les exécutions de 2017 ; il partageait parfois la scène avec la Gilda de Nadine Sierra qui avait été précédée dans le rôle par Irina Lungu à la première saison. Le baryton serbe avait par ailleurs déjà incarné le bossu dans la précédente production de Jérôme Savary, affichée pour une dernière série à l’hiver 2012.

Des débuts bien tardifs

Si l’on excepte une version concertante de La Bohème au Théâtre des Champs-Élysées en 2009, précédée et suivie de deux concerts, en 2007 et en 2015, dans ces mêmes lieux, le premier en compagnie de Patrizia Ciofi, et en 2011, salle Pleyel, avec Ludovic Tézier, Joseph Calleja est très peu connu du public parisien 

et, plus généralement, il a très peu chanté en France. Il est bien dommage d’avoir été ainsi privé de ses Nemorino (L’elisir d’amore), Edgardo (Lucia di Lammermoor), Alfredo (La traviata) et de bien d’autres rôles de son répertoire.Peu importe. Son Duc de Mantoue n’a pas besoin de se chauffer, contrairement à celui de Dmitry Korchak, le soir de la première, qui peinait quelque peu à investir le personnage et ne se révélait que dans le duo avec Gilda. Son premier air, « Questa o quella per me pari sono », sonne très limpide dès le début, malgré quelques aigreurs, à peine perceptibles, dans l’aigu. Et si sa cabalette de l’acte II est peut-être moins éclatante que celle de son confrère, il excelle pour son sens de la nuance dans la cavatine, là où le ténor russe faisait également état d’un vibrato bien maîtrisé. Maintenant que la voie est ouverte, espérons le retrouver bientôt dans Gabriele Adorno (Simon Boccanegra) ou Mario Cavaradossi (Tosca), dans le Faust de Gounod ou Don José (Carmen), voire dans Pollione (Norma).

Des interprètes de tout premier plan

Très incisive dès le premier duo avec son père, la Gilda d’Irina Lungu se démarque par une diction et un accent d’un très grand professionnalisme qui n’a rien à envier, dans le même morceau, à l’intensité qui se dégageait des retrouvailles entre Nadine Sierra et Ludovic Tézier. Le duo avec Joseph Calleja a quelque chose de viril, atteignant le sublime dans la strette, le vivacissimo « Addio… speranza ed anima ».

 L’air qui suit se singularise par la pureté des vocalises, tout comme sa consœur américaine, angélique d’un bout à l’autre, se distinguait par des trilles parfaits et par la longueur du souffle, dans un pianissimo final qui semblait ne jamais se terminer. Déchirante dans le cantabile du deuxième duo avec Rigoletto, « Tutte le feste al tempio », elle conclut la strette de la vengeance sur un aigu percutant. Morceau de bravoure dans lequel Nadine Sierra et Ludovic Tézier se montraient tout aussi électrisants, après un aveu des plus poignant.

 

Dans le rôle-titre, Željko Lučić fait preuve d’une diction aussi exemplaire que celle du baryton français, tout particulièrement perceptible dans le moderato assai du premier duo avec Gilda, « Veglia, o donna, questo fiore », dont l’autorité relaie l’intensité du phrasé de son collègue. 

L’andante mosso agitato de son air, « Cortigiani, vil razza dannata » est tout autant expressif que celui de Ludovic Tézier était impérieux, le meno mosso suivant, « Ebben, piango… Marullo… signore », étant davantage narratif que désespéré.

Une direction tridimensionnelle

À côté du trio de pointe, le beau timbre de Goderdzi Janelidze donne corps à un Sparafucile surdimensionné pour l’exiguïté du rôle. Justina Gringyté revêt avec panache les habits de Maddalena, rôle dans lequel Vasselina Kasarova était royale lors de la création de cette production. Cassandre Berthon est une Giovanna trop faible pour une scène internationale, au point que le soir de la première elle oubliait de donner la réplique à Rigoletto, « Nemmeno al Duca... », obligeant Ludovic Tézier à lui répondre dans le vide. À moins qu’elle fût inaudible…

En fin orfèvre, Giacomo Sagripanti dirige l’Orchestre de l’Opéra national de Paris d’une manière ciselée que l’on pourrait par moments définir de tridimensionnelle, dont le climax se situe à l’acte III, dans le cantabile du quatuor et dans le duo final, la scène de l’orage étant éblouissante de précision.

Pacte de mort

Ne s’agissant pas d’une nouveauté, nous ne nous attarderons pas outre mesure sur le travail du réalisateur, d’autant que la première a déjà été recensée dans ces colonnes. Bornons-nous à rappeler l’idée non négligeable de donner plusieurs visages aux personnages du père et de la fille. Si le double du héros est constamment présent à la scène et vaillamment interprété par le comédien Henri Bernard Guizirian, le bouffon se reflète également dans Sparafucile qui, à sa première apparition, prend à son tour ses mêmes traits : la voie est donc toute tracée, le pacte de mort de Rigoletto étant signé dès avant les retrouvailles avec Gilda.

Pareillement, la jeune femme se projette régulièrement dans la fillette censée symboliser son innocence précocement perdue, ce procédé atteignant son apogée pendant l’interprétation de son air, « Caro nome che il mio cor », pendant lequel trois danseuses se relaient de manière à évoquer la progression de la désillusion de l’enfance à l’âge adulte.

Les artistes

Rigoletto : Željko Lučić
Il Duca di Mantova : Joseph Calleja
Sparafucile : Goderdzi Janelidze
Il Conte di Monterone : Bogdan Talos
Marullo : Jean-Luc Ballestra
Matteo Borsa : Maciej Kwaśnikowski
Il Conte di Ceprano : Florent Mbia
Usciere di Corte : Pierpaolo Palloni
Gilda : Irina Lungu
Maddalena : Justina Gringyté
Giovanna : Cassandre Berthon
La Contessa : Izabella Wnorowska-Pluchart
Paggio della Duchessa Marine Chagnon
Double de Rigoletto Henri Bernard Guizirian

Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris, dir. Giacomo Sagripanti
Mise en scène Claus Guth

Le programme

Rigoletto

Melodramma en trois actes de Giuseppe Verdi, livret de Francesco Maria Piave, créé au Teatro La Fenice de Venise le 11 mars 1851.

Opéra Bastille, mardi 5 novembre 2021

Claus GuthGiacomo SagripantiIrina LunguJoseph CallejaŽeljko Lučić
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Camillo Faverzani

Maître de conférences de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

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