À la une
MARINA REBEKA, Vestale et Prêtresse de l’Opéra !
Se préparer à La Vestale (Spontini) – Paris, Théâtre des...
Se préparer à FAUST, Opéra de Paris-Bastille, juin/juillet 2022
Se préparer à MOÏSE ET PHARAON de Rossini – Aix-en-Provence,...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli
Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance...
Ça s’est passé il y a 200 ans : création...
Ça s’est passé il y a 200 ans : disparition...
TOURS – CONCERTS D’AUTOMNE 2022 : demandez le programme !
Les noces du violon et de la voix au Festival...
OPERAFEST LISBOA 2022
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge
Compte renduProductionVu pour vous

Arles : MIREILLE au museon Arlaten

par François Desbouvries 7 juillet 2021
par François Desbouvries 7 juillet 2021
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
707

C’est dans le cadre d’une nuit des Musées bien particulière qu’a été donnée cette Mireille de Gounod.
Après onze ans de fermeture et un chantier colossal, le Museon Arlaten, musée arlésien d’ethnologie crée par Frédéric Mistral en 1899 puis installé, dès 1904, sur les lieux de l’ancien collège des Jésuites dans l’écrin somptueux de l’hôtel Laval-Castellane, a résonné des accents émouvants de la célèbre « pèlerine de l’amour ».

Ce projet particulièrement bienvenu a voulu répondre, dans l’esprit de ses organisateurs, à deux objectifs :
– la mise en valeur de l’ensemble architectural exceptionnel qui, depuis les  vestiges du forum romain, constitue la cour du Museon Arlaten et a franchi jusqu’à nous les époques et les modes ;
– la mise en musique de ce lieu par une partition également d’exception, souvent peu ou mal connue, symbolisant la rencontre entre le génie de deux hommes : Frédéric Mistral et Charles Gounod.

Sans avoir la prétention d’égaler d’illustres représentations de Mireille, le choix de la transcription piano-chant, fidèle à l’édition Henri Busser incluant les récitatifs chantés,  aura permis, même en version réduite – le concert durait 1h 15 sans entracte – de dévoiler à un très large public, pas forcément de connaisseurs, cette énergie simple dans sa fragilité, ce sens du tragique et du sacré, qui constituent toute la richesse de la partition de Gounod.

Il faut dire que du côté de la distribution, on dispose d’un quatuor de jeunes artistes éclectiques, déjà confirmés tant dans le domaine lyrique que dans celui de la musique sacrée, du récital, voire d’univers musicaux à l’occasion bien éloignés de l’Opéra. Pour cette soirée, tous abordaient leur rôle pour la première fois, soutenus par une mise en espace réalisée par Hervé Casini qui permet souvent de mettre en valeur le décor naturel de la Cour et l’action dramatique de l’ouvrage. C’est autour des personnages de Taven, Ourrias, Vincent et Mireille qu’est recentrée la trame. Ainsi, pour les besoins du final – le somptueux « Sainte ivresse ! Divine extase ! » – le    chœur se fait quatuor et il revient aux interprètes d’Ourrias et de Taven de lancer les émouvantes dernières phrases de Ramon, le père de Mireille, et de la voix céleste…

Il est à souligner ici le remarquable travail de Thibaud Epp, pianiste et chef de chant à l’Opéra de Nice et répétiteur vocal pour de grandes maisons d’Opéra (on lui doit dernièrement, outre un Werther niçois de belle facture, la dernière édition de La Tétralogie de Richard Wagner pour l’Opéra National de Paris). Constamment attentif aux solistes et sachant les mettre en relief, ce pianiste fait bien plus qu’accompagner mais, dans une  acoustique naturelle de très belle qualité, fait sonner son instrument comme un orchestre. Les extraits choisis auront ainsi permis d’entendre les beautés instrumentales dont regorge la partition, en particulier le prélude de l’acte III (« Le Val d’enfer ») aux accents tout droit hérités du romantisme allemand d’un Weber et d’un Mendelssohn, et la célèbre marche des pèlerins de l’acte V, inspirée du cantique de St Gent dont Mistral avait soufflé le thème à Gounod.

Emanuelle Zoldan (Crédit photo : © Corinne Le Gac)

On a plaisir à entendre, dans le rôle de Taven, Emmanuelle Zoldan, bien connue des lecteurs d’Opérette-Théâtre musical. Avec cette interprète, dont les moyens naturels de mezzo-soprano grave correspondent totalement à l’écriture souhaitée par le compositeur, la chanson « Voici la saison, mignonne » conserve son côté inquiétant et les imprécations contre Ourrias, lors de la scène du Rhône, prennent toute leur ampleur dramatique.

Pour Ourrias, bouvier de Camargue, certes, mais également gentilhomme provençal, le choix s’est judicieusement porté sur le baryton d’origine coréenne Jiwon Song, dont la carrière sur la plupart des Opéras de région a pris, ces dernières années, un très bel envol. Magnifiquement projetée (lors du duel contre Vincent par exemple), le mordant de cette voix est également capable de soyeux, en particulier sur la magnifique phrase : « Ourrias vainqueur se courbe à tes pieds pour gagner ton cœur ! », chantée pianissimo, comme écrit dans la partition.

Anne Calloni et Antonel Boldan - © Rémi Bénali, Cd13 – Coll. Museon Arlaten – musée de Provence

Découverte en revanche, pour nous, que le ténor d’origine roumaine Antonel Boldan. Familier des scènes lyriques internationales, cet attachant interprète tenait particulièrement à chanter Vincent au Museon et a réussi à jongler avec un agenda compliqué qui l’amenait, seulement quelques jours après, à s’envoler pour Jérusalem pour y incarner Rodolfo dans La Bohème ! Authentique émission de ténor lyrique – et non de lyrique léger comme trop souvent distribué en Vincent – , Antonel Boldan, dans un souci constant du beau son mais jamais aux dépens de l’interprétation dramatique, cisèle un personnage psychologiquement crédible – même dans une version abrégée – et donne à entendre une cavatine « Anges du Paradis » éclatante comme le brûlant soleil d’été auquel le texte de Michel Carré fait référence. Sans nul doute, un ténor à suivre.

C’est à Anne Calloni, qu’avait été confié le rôle-titre, si chargé de souvenirs et de difficultés vocales !
De plus en plus familière des maisons d’Opéra (elle incarnait, juste avant la crise sanitaire, Prilepa dans La Dame de Pique mise en scène par Olivier Py à Nice), musicienne dont on a déjà eu l’occasion de souligner la rigueur, Anne Calloni a su prendre possession de tous les volets du personnage, donnant à voir et à entendre la fragilité et le côté lumineux du personnage mais aussi sa liberté et sa détermination, en particulier dans la fameuse scène de La Crau, si techniquement pleine d’embûches, que l’interprète sait maîtriser pour parvenir à un final d’une grande force dramatique où la voix s’élève à cette dimension mystique, souvent si difficile à trouver…

À voir, aux saluts, les visages d’un public heureux et conquis, on se disait qu’il serait dommage de ne pas renouveler les projets lyriques dans un tel espace !

Jiwon Song, Anne Calloni, Emmanuelle Zoldan, Antonel Boldan © Rémi Bénali, Cd13 – Coll. Museon Arlaten – musée de Provence
Les artistes

Mireille   Anne Calloni
Vincent   Antonel Boldan
Taven   Emmanuelle Zoldan
Ourrias   Jiwon Song

Piano et chef de chant   Thibaud Epp
Mise en espace   Hervé Casini

Le programme

Mireille (extraits)

Opéra en 5 actes de Charles Gounod, livret de Michel Florentin Carré, d’après Mirèio, Pouèmo prouvençau de Frédéric Mistral (1859), créé le 19 mars 1864 au Théâtre-Lyrique (Paris). Version Henri Busser avec récitatifs chantés créée à l’Opéra-Comique le 7 juin 1939.

Représentation du samedi 3 juillet 2021, cour du Museon Arlaten – Arles.

Anne CalloniAntonel BoldanEmmanuelle ZoldanGounodJiwon SongThibaud Epp
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
François Desbouvries

Scientifique de formation et de profession (il est enseignant-chercheur en mathématiques appliquées), François Desbouvries n’en est pas moins passionné par l’art : la littérature, la peinture, et bien sûr... la musique en général, et l’opéra en particulier. Il fréquente assidûment les salles de concerts et d’opéras depuis une trentaine d’années, et n’a de cesse de faire partager sa passion, notamment via le site Première Loge dont il a rejoint l’équipe de rédaction en janvier 2020.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

post précédent
Effeuillez la marguerite avec Passionnément de Messager!
prochain post
Giacomo SAGRIPANTI

Vous allez aussi aimer...

Les noces du violon et de la voix...

22 juin 2022

Montpellier : Danse avec les Sept péchés capitaux

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à l’Opéra Garnier...

21 juin 2022

Israël en Égypte à la Philharmonie : Magnificent...

21 juin 2022

À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie...

17 juin 2022

À Bruxelles, Les Huguenots plus forts que la...

17 juin 2022

Belle-Ile : 24e édition du Festival Lyrique-en-mer

15 juin 2022

LA GIOCONDA de retour à la Scala après...

14 juin 2022

À Florence, une très agréable Ariadne auf Pergola

14 juin 2022

A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

13 juin 2022

En bref

  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Regina Resnik

    30 août 2022
  • Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Christiane Castelli

    19 août 2022
  • Il aurait 100 ans aujourd’hui : Bernard Lefort

    29 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance du baryton-basse Bernard Ładysz

    24 juillet 2022
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : naissance de la basse Gérard Serkoyan

    14 juillet 2022

Humeurs

  • Question de langues…

    9 juin 2022

Édito

  • Édito de juin : « Cher » Opéra…

    1 juin 2022

Chorégies d’Orange 2022

https://www.youtube.com/watch?v=W9N7r9XM4-U

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Brigitte MACQ dans Chorégies d’Orange 2022 : une programmation très riche
  • Marc dans À Saint-Denis, Leonardo García Alarcón exalte le génie dramatique de Bach !
  • Emma Couderc dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier
  • Stéphane Lelièvre dans A l’Opéra de Rouen, une Flûte en chantier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les noces du violon et de...

22 juin 2022

Montpellier : Danse avec les Sept...

21 juin 2022

PLATÉE ou Grenouilles en folie à...

21 juin 2022