À la une
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte renduVu pour vous

À Bruxelles, CRÉPUSCULE pour les dieux, triomphe pour l’orchestre et son chef !

par Stéphane Lelièvre 10 février 2025
par Stéphane Lelièvre 10 février 2025

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

© Monika Rittershaus

0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
1,7K

Bruxelles referme en beauté son Ring à « double lecture scénique », avec un Crépuscule très bien accueilli par le public, qui fait un triomphe à l’orchestre de la Monnaie et à Alain Altinoglu.

Après Tristan et Isolde à Liège, L’Or du Rhin à Paris – et avant L’Or du Rhin et le Tristan monégasques ou encore la Walkyrie scaligère –, l’hiver wagnérien poursuit son chemin avec Le Crépuscule des dieux, dernière journée du Ring monté par la Monnaie de Bruxelles. Avec, faut-il le rappeler, deux metteurs en scène : Roberto Castellucci pour le Prologue et la première journée, et Pierre Audi pour les deux dernières journées.

Le triomphe remporté par le spectacle est avant tout celui de l’orchestre et de son chef, une fois encore superlatifs : quel sens du drame, quelles couleurs, quelle poésie ! Sous la direction habitée d’Alain Altinoglu, l’orchestre n’écrase jamais les voix mais les porte et semble constamment dialoguer avec elles – tout en constituant la trame narrative de ce dernier volet, culminant dans une scène finale… incandescente ! Une performance justement acclamée par un public reconnaissant.

Vocalement, les raisons de se réjouir sont également nombreuses. Même si son rôle est plus limité que dans les autres volets du Ring, on retrouve avec plaisir l’Alberich efficace de Scott Hendricks. Son Hagen de fils est un saisissant Ain Anger : si le chant est parfois un peu « brut de décoffrage » (mais n’est-ce pas le rôle qui le veut ?), il impressionne tout autant que la silhouette du chanteur, sorte de Nosferatu échappé d’un film de Murnau. Andrew Foster-Williams convainc pleinement en Gunther, tour à tour veule, agressif, repentant… Son timbre clair contraste par ailleurs efficacement avec les autres voix graves de la distribution. Moins parfaite vocalement qu’en Erda, Nora Gubisch s’investit pleinement en Waltraute. Impeccables, les Filles du Rhin et les trois Nornes, avec une mention spéciale pour Marvic Monreal, au timbre particulièrement prenant. Anett Fristsch triomphe en Gutrune, et ça n’est que justice : le timbre, magnifique, se déploie sans heurt et avec la même facilité sur toute la tessiture, la projection ne semble jamais forcée, et la musicalité, la féminité, la sensibilité sont constantes. Un sans-faute pour cette prise de rôle ! Changement de Siegfried avec ce dernier opus de la tétralogie : à Magnus Vigilius qui incarnait le héros éponyme dans la deuxième journée succède l’américain Bryan Register. Si le timbre est agréable en termes de couleurs, la projection nous a paru parfois un peu fragile, surtout dans le haut de la tessiture. Cela ne nuit pas à la scène de la mort, au contraire, mais pose quelques problèmes dans les moments plus héroïques (avec un raté malencontreux dans le « Hoïhé ! » de la scène 2 du troisième acte, même si les difficiles aigus de la scène où Siegfried se remémore son passé sont, eux, convenablement émis). Prise de rôle, enfin, pour Ingela Brimberg, jusqu’ici familière de la Brünnhilde de Die Walküre. Une petite frayeur saisit le public lors de l’entracte précédant le dernier acte : on nous annonce que la soprano, souffrante, a malgré tout accepté d’aller au bout de la représentation. De fait, en amont et en aval de cette annonce, les signes audibles de sa méforme auront été minimes. Tout au plus remarque-t-on quelques aigus un peu bas et moins d’arrogance dans la projection, mais les qualités que l’on apprécie tant chez cette chanteuse sont bien là : phrasé et diction très clairs, élégance d’une ligne de chant jamais forcée, grande sensibilité. Le public applaudira chaleureusement cette belle interprète qui, quelques jours plus tôt, remplaçait au pied levé et sans répétition l’Isolde défaillante de Liège !

Reste enfin la mise en scène de Pierre Audi, qui continue sur la lignée du Siegfried applaudi l’an dernier : une scénographie (Michael Simon) épurée, à commencer par les superbes éclairages de Valerio Tiberi ; un jeu d’acteurs précis (mais pourquoi diable avoir imposé cette gestuelle bizarre à Waltraute et aux vassaux de Gibich, plus comiques qu’effrayants) ; quelques propositions originales, tels les dessins d’enfants en ouverture de spectacle, rappelant que le Ring, au delà des lectures intellectualisantes qu’on peut en proposer, tient aussi du simple Märchen ; telle encore l’apparition de Brünnhilde lors de la marche funèbre : c’est elle qui arrache l’anneau du doigt de Siegfried et qui le brandira face à Hagen au moment où celui-ci cherche à s’en emparer. D’aucuns reprocheront au spectacle une absence de (re)lecture éclairant l’œuvre de façon inédite. On peut aussi apprécier le fait de pouvoir se concentrer non sur ce que cherche à dire le metteur en scène, mais sur ce que dit l’œuvre.

Les artistes

Siegfried : Bryan Register
Gunther : Andrew Foster-Williams
Alberich : Scott Hendricks
Hagen : Ain Anger
Brünnhilde : Ingela Brimberg
Gutrune : Anett Fritsch
Waltraute : Nora Gubisch
Erste Norn : Marvic Monreal
Zweite Norn : Iris van Wijnen
Dritte Norn : Katie Lowe
Woglinde : Tamara Banješević
Wellgunde : Jelena Kordić
Flosshilde : Christel Loetzsch

Orchestre symphonique et chœurs de la Monnaie, dir. Alain Altinoglu
Chef des chœurs : Emmanuel Trenque
Mise en scène : Pierre Audi
Chorégraphie : Pim Veulings
Vidéo : Chris Kondek
Décors : Michael Simon
Costumes : Petra Reinhardt
Éclairages : Valerio Tiberi
Dramaturgie : Klaus Bertish

Le programme

Götterdammerung (Le Crépuscule des dieux)

Opéra en un prologue et trois actes de Richard Wagner, créé le 17 août 1876 au Bayreuther Festspielhaus. Troisième journée du Ring des Nibelungen.

image_printImprimer
Ingela BrimbergPierre AudiAlain AltinogluBryan RegisterAndrew Foster-WilliamsAin AngerAnett Fritsch
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Plongée au sein du « Gruppo Appassionati Verdiani », ou « CLUB DEI 27 » : entretien avec Paolo Zoppi (Falstaff), directeur artistique du Club
prochain post
Les opéras du monde –
Teatre del Liceu : tout savoir sur l’Opéra de Barcelone

Vous allez aussi aimer...

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Béatrice Uria-Monzon : biographie, carrière et vie privée - MarseilleJournal.com dans In memoriam – Béatrice URIA-MONZON (1963-2025)
  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Lille, les voix de la...

9 octobre 2026

Découvrez le programme 2027 du Festival...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026