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Saison d’été du Maggio Musicale Fiorentino : un rafraichissant  Élixir d’amour sous les étoiles !

par Roberta Manetti 11 juillet 2025
par Roberta Manetti 11 juillet 2025

© Michele Monasta

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Un spectacle frais et réjouissant, qui a enthousiamé le public !

L’Élixir d’amour de Gaetano Donizetti, seul opéra présenté pendant la courte saison estivale en plein air, a fait ses débuts avec succès dans la Cavea du Maggio Musicale Fiorentino, c’est-à-dire l’espace scénique construit sur le toit du théâtre. Le public a beaucoup applaudi ce spectacle enchanteur, même au fil de la représentation. 

© Michele Monasta

Peu d’opéras réjouissent autant que cette œuvre au mécanisme théâtral et musical parfait, qui résiste même aux aléas des représentations en plein air, où les risques de petit accidents sont multipliés, surtout quand on joue à des altitudes considérables : un simple coup de vent peut en effet emporter les voix et rendre difficile une entrée en scène…
Au début, quelques craintes avaient surgi à ce sujet, mais par la suite, le vent s’étant réduit à la brise typique qui se lève dans la cavea tous les soirs à 21 heures précises (heure de début des spectacles d’été) et la main du chef d’orchestre Alessandro Bonato étant très sûre, tout s’est déroulé sans problème.

Dans la distribution se démarque la voix forte, étendue et au beau timbre du jeune Hae Kang (qui avait déjà connu le succès en tant que Figaro dans Le Barbier de Séville au Maggio Musicale Fiorentino, dans la même cavea, l’année dernière), un Belcore audacieux et vantard qui reste toujours sympathique, accompagné de deux subordonnés très drôles (des danseurs-mimes).

Roberto De Candia est quant à lui un chanteur et acteur accomplis qui, avec une diction excellente, débite la cavatine d’entrée fantasmagorique du Docteur Dulcamara, le charlatan qui vend un élixir miraculeux pour trois lires, un remède que le naïf Nemorino croit être le philtre d’amour de la reine Isolde. Le metteur en scène Roberto Catalano transpose l’action dans le décor contemporain d’un parc public de banlieue, faisant d’Adina, riche et capricieuse fermière dans le brillant livret de Felice Romani, une gestionnaire de carrière parfois un peu trop irritable, tandis que Nemorino est l’ouvrier d’entretien du parc, et que les paysans et les filles de la campagne environnantes se transforment en une ribambelle de commis et de secrétaires. Le chœur du Maggio Musicale Fiorentino s’adapte également à cette situation inédite, chantant et jouant magnifiquement. Le Docteur Dulcamara n’arrive pas dans un carrosse doré comme dans le livret ; dans l’interprétation de Roberto Catalano, il s’agit plutôt d’une sorte d’artiste vagabond, un peu surréaliste, vêtu d’une chemise rayée légèrement clownesque comme celle de Gelsomina dans La Strada de Fellini, avec un mégaphone dont le metteur en scène le fait peut-être un peu abuser. Je pense pour ma part que le comique du personnage est d’autant plus explosif que ses interprétations sont sérieuses, contrastant avec ses discours pompeux et absurdes, mais De Candia, avec son jeu raffiné et son phrasé très précis, parvient à rendre cette version crédible et attachante.

On a choisi pour incarner Nemorino le jeune Antonio Mandrillo, débutant dans le rôle et peut-être encore un peu immature pour l’assumer avec assurance, mais la direction très claire et intelligente d’Alessandro Bonato lui vient en aide. Dans l’ensemble, il a beaucoup de personnalité (il a été un excellent Wilhelm dans Der Junge Lord de Henze pendant le Festival), tout comme Lavinia Bini, une Adina clairement experte dans le rôle (elle le chante depuis une douzaine d’années) et dont la voix est globalement ronde et agréable, quoique parfois un peu dure dans les aigus. Aloisia de Nardis est une excellente Giannetta, tant musicalement que théâtralement.

Les dernières représentations en plein air auront lieu le vendredi 11 juillet et le lundi 14 juillet à 21h (billets en vente sur le site du Maggio Fiorentino), mais le 7 novembre, l’occasion sera donnée  de revoir ce spectacle frais et agréable en salle, à Bolzano, car il s’agit d’une coproduction avec la Fondation Haydn de Bolzano et Trente (même chef d’orchestre et mêmes interprètes principaux, à l’exception de Nemorino et Giannetta).

Per leggere questo articolo nella sua versione originale in italiano, cliccare sulla bandiera!

Les artistes

Adina : Lavinia Bini
Nemorino : Antonio Mandrillo
Belcore : Hae Kang
Dulcamara : Roberto De Candia
Giannetta : Aloisia de Nardis

Orchestre et chœur du Maggio Musicale Fiorentino, dir. : Alessandro Bonato
Chef de chœur : Lorenzo Fratini

Mise en scène : Roberto Catalano
Décors : Emanuele Sinisi
Costumes : Ilaria Ariemme
Lumières : Oscar Frosio

Le programme

L’elisir d’amore

Melodramma giocoso en deux actes de Gaetano Donizetti, livret de Felice Romani, créé au Teatro alla Cannobiana de Milan le 12 mai 1832.

Maggio musicale fiorentino, Cavea del Teatro del Maggio, 7 juillet 2025.

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Roberto de CandiaAntonio MandrilloLavinia BiniHae KangAlessandro BonatoRoberto Catalano
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Roberta Manetti

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