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Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une renaissance réussie

par Laure Chauvris 31 mars 2026
par Laure Chauvris 31 mars 2026
Auguste-Alphonse Meillet et Marie-Stéphanie Meyer, les créateurs de Luc et Lucette. Source : Gallica /BnF
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Luc et Lucette, Théâtre de l’Odéon de Marseille, dimanche 29 mars 2026

C’est à une véritable recréation d’une opérette d’Offenbach oubliée que nous invite de théâtre de l’Odéon de Marseille dans le cadre des Dimanches d’Offenbach. Le musicologue Jean-Christophe Keck a découvert dans les archives des descendants du Maître de l’opérette française la partition complète et le livret de ce petit bijou en un acte intitulé Luc et Lucette créé en 1854 et jamais repris depuis. En 1854, Offenbach a trente-cinq ans et poursuit une carrière de violoncelliste et producteur de théâtre mais cherche à se faire connaître en tant que compositeur de pièces lyriques. Mais le système de privilèges des salles de spectacle à Paris lui interdit de proposer des œuvres lyriques de plus de deux personnages et de plus d’un acte. Il écrit donc plusieurs petits opéras-comiques en un acte comme L’Alcôve, Pépito ou encore Daphnis et Chloé qui sera d’ailleurs donné à la fin du mois toujours à l’Odéon.

Jean-Christophe Keck explique comment il a retrouvé l’ouvrage, les circonstances de sa composition et de sa création et présente les artistes qui vont jouer l’œuvre. La représentation commence par des airs d’autres opérettes d’Offenbach : deux airs chantés par Morgane Bertrand, la mort d’Eurydice extrait d’Orphée aux enfers et un air du Château à Toto. Puis Christophe Gay interprète les couplets du Baron de Gondremarck de La Vie Parisienne, « Je vais m’en fourrer jusque-là ». Enfin, le pianiste Diego Mingolla interprète une petite valse tirée de Les Roses du Bengale, recueil de six valses pour piano.

Luc et Lucette est qualifié d’opérette pastorale. Le décor représente une chambre. Lucette est assise à une table en train d’écrire une lettre. On apprend qu’elle est à Paris pour se marier et rencontrer son futur qui doit venir la chercher le lendemain. L’hôtel étant plein, la patronne l’a installée dans la chambre d’un locataire qui est en voyage. Elle va ensuite se coucher. Luc entre alors. Il est l’occupant légitime de la chambre et explique qu’il fuit le mariage car il serait malade. Quand Lucette se réveille, la situation devient gênante pour les deux protagonistes qui finissent par s’entendre et improvisent un pique-nique dans la chambre. Lucette raconte alors en se moquant qu’elle a hérité d’une ferme en Normandie avec un cousin à la seule condition, pour celui-ci, de l’épouser. Mais un ami du cousin lui a fait croire qu’il était poitrinaire pour le faire renoncer au mariage et à l’héritage. Luc se reconnaît dans le cousin et décide de se venger en épousant Lucette.

L’ouverture qualifiée de « bucolique » commence par un mouvement lent. Une basse arpégée souligne une mélodie légère. Suit un mouvement rapide dans le pur esprit d’Offenbach avec rythme syncopé. Puis vient une troisième partie de nouveau lente, prémices de l’air de Pâris dans La Belle Hélène avant la reprise du mouvement rapide à l’identique.

La pièce est jouée en version de concert. Morgane Bertrand interprète Lucette. Elle écrit une lettre à sa marraine et chante une berceuse avant de se coucher et s’endormir. Luc entre alors et explique qu’il souffre d’une maladie incurable. La voix chaude et puissante, la diction parfaite de Christophe Gay, associées à son évident talent de comédien entraînent le public. Après le réveil de Lucette, tous deux font connaissance et chantent une petite pastorale comique écrite par Luc. Deux duos composent cette petite pièce « Agite ta clochette, mon gentil chevreau » et « Allons, partons ». Le premier nous permet d’admirer les magnifiques vocalises de Morgane Bertrand dont la voix de soprano claire et souple semble créée pour servir Offenbach. Jean-Christophe Keck illustre ce charmant duo avec la clochette du chevreau. Le second duo est une caricature de l’esprit militaire.

La scène suivante est celle dite du « festin », en fait « une aile de poulet, la moitié d’une galette et trois quarts de vin ». Le duo « À table » annonce le duo de la gantière et du bottier de la Vie Parisienne, petite pièce très enlevée qui précède la scène de « la révélation ». Les deux jeunes gens commencent à s’apprécier et Lucette, mise en confiance, explique comment celui qui aurait dû être son époux a été berné. Luc trouve l’anecdote amusante jusqu’à ce qu’il comprenne que c’est lui le dindon de la farce. Il bout alors de colère au point d’effrayer Lucette qui cherche à s’enfuir. Luc la poursuit dans la chambre et au moment où elle va sortir, mime une blessure. Lucette ne peut le laisser sans soin et décide de rester. Ils s’expliquent enfin et s’avouent leur amour dans un très joli duo final « Toc, toc, toc, comme ça bat, toc, toc, toc, quel sabbat ! »

Au final, il ne reste plus qu’à monter Luc et Lucette avec costumes, décors et mise en scène, et inscrire au répertoire des opérettes françaises en un acte une bien sympathique pastorale signée du grand Offenbach ! On a peine à comprendre que le Maître ne l’ait pas reprise, une fois installé dans son théâtre des Bouffes Parisiens. Il faut dire que ses opérettes majeures et en particulier Orphée aux enfers y occupaient tbeaucoup de temps…

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Les artistes

Lucette : Morgane Bertrand (soprano)
Luc : Christophe Gay (baryton)

Présentation et direction musicale : Jean-Christophe Keck
Piano : Diego Mingolla

Le programme

Luc et Lucette

Opérette pastorale en un acte de Jacques Offenbach, livret de Pittaud de Forges et Eugène Roche, créée à Paris, Salle Herz, le 2 mai 1854.

Théâtre de l’Odéon de Marseille, représentation du dimanche 29 mars 2026

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Christophe GayMorgane BertrandJean-Christophe Keck
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Laure Chauvris

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