À la une
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
Édito de septembre –L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

interviews

Matthieu Rietzler, directeur de l’Opéra de Rennes : « Éducation, diversité et ouverture font clairement partie de l’ADN de la maison ! »

par Stéphane Lelièvre 15 décembre 2020
par Stéphane Lelièvre 15 décembre 2020
© France 3 Bretagne
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
3,7K

À l’occasion de la nouvelle production de La Dame Blanche, nous avons rencontré Matthieu Rietzler, le directeur de l’Opéra de Rennes. Une interview dense, rythmée par les mots ouverture, pédagogie, éducation et diversité, de toute évidence les maîtres-mots de la maison !


N’hésitez pas à découvrir ce théâtre attachant, à taille humaine, à la superbe architecture (construit d’après des plans de  Charles Millardet, il fut inauguré en 1836 puis reconstruit à l’identique après l’incendie de 1856), présentant un rapport scène/salle exceptionnel… et une programmation de qualité !

Comment se construit une saison à l’Opéra de Rennes, Matthieu Rietzler ?
Un élément très structurant de nos saisons réside dans notre collaboration avec Angers-Nantes Opéra, qui réalise deux opéras que nous montons à notre tour à Rennes, tandis que nous proposons également de notre côté deux ouvrages qui sont ensuite programmés à Nantes et/ou Angers. À Rennes, nous portons en particulier les projets de facture « classique », disons jusqu’à Rossini (notre orchestre, l’Orchestre national de Bretagne, correspond au répertoire mozartien, et notre chœur, le formidable ensemble Mélisme(s), est chambriste) – ou alors tout ce qui concerne la création ou la musique contemporaine. Pour le grand répertoire lyrique, la collaboration d’Angers-Nantes est précieuse puisqu’ils disposent d’un chœur lyrique permanent, et l’Orchestre des Pays de la Loire est plus large que le nôtre. À partir de là, nous nous efforçons de couvrir les différents répertoires. Nous avons aussi toujours un projet en partenariat avec La co[opéra]tive, et nous sommes aussi associés à l’ensemble Le Banquet Céleste de Damien Guillon, à qui nous proposons un projet scénique tous les deux ou trois ans. Nous avons enfin des partenaires très fidèles avec lesquels il est très agréable de travailler : les opéras de Caen, de Rouen, de Lorraine, l’Opéra-Comique, etc. Nous ne sommes pas sur une programmation dogmatique. Notre maître mot serait plutôt l’ouverture : je suis convaincu que c’est la diversité de la programmation qui crée la diversité du public !

Le chœur Mélisme(s)   © Vincent Gouriou

Le Banquet Céleste  © Julien Benhamou

Vous êtes parvenu, la semaine dernière, à monter La Dame Blanche et à en proposer une captation malgré les conditions très compliquées dans lesquelles les théâtres se trouvent aujourd’hui. Cela n’a pas été trop difficile pour l’équipe et les artistes d’avancer et de continuer à croire en ce projet ?
Je ne vous cache pas que lorsque les choses se sont arrêtées à Compiègne, après la générale piano, il y a eu un petit abattement… Mais il s’agit d’un projet créé par La co[opéra]tive en vue d’une tournée dans 7 villes (NDR : Besançon, Compiègne, Dunkerque, Amiens, Rennes, Quimper, Tourcoing) : nous nous sommes vite dit qu’il fallait aller de l’avant et ne pas nous contenter de maintenir les représentations pour éventuellement deux ou trois villes seulement. Nous avons donc  décidé de reporter l’ensemble du projet d’un an. C’est lorsque cette décision a été prise que s’est fait jour l’envie de réaliser une captation audiovisuelle du spectacle, aux dates des représentations qui étaient prévues à Rennes. Très vite, France 3 Bretagne, TVR (une chaîne locale) et France TV ont accepté de nous suivre… Cela nous a paru important de maintenir ainsi un lien avec les spectateurs, et les artistes ont vite accepté de prendre part à l’aventure !  Certes il n’y avait pas de spectateurs, mais nous avons transformé cet état de fait en quelque chose de positif, en donnant plus de liberté aux caméras : il s’agit in fine d’un projet audiovisuel plus ambitieux qu’une simple captation.

Parlez-nous de La co[opéra]tive, la structure qui est à la base de cette production.
La co[opéra]tive réunit trois scènes nationales pluridisciplinaires (Dunkerque, Besançon et Quimper), et trois théâtres à dominante lyrique (Rennes, l’Atelier lyrique de Tourcoing et le Théâtre Impérial de Compiègne). Chaque année nous inventons un projet lyrique en faisant en sorte qu’il puisse bien être joué dans ces deux types de théâtres. Un des intérêts de l’opération, c’est de pouvoir proposer le spectacle à un public (celui des scènes pluridisciplinaires) qui n’a pas forcément l’habitude de voir des opéras. Le choix de La Dame blanche s’explique par le fait que La co[opéra]tive n’avait pas encore proposé d’opéra-comique français… Et puis, cette œuvre constitue un véritable marqueur dans l’histoire de l’opéra, elle a connu un succès phénoménal ! Il nous fallait également un ouvrage qui puisse supporter sans dommages une réduction orchestrale : il y a pour La Dame Blanche une vingtaine de musiciens dans la fosse, des musiciens de l’Orchestre les Siècles, ce qui est un gage de qualité et d’authenticité musicales ! S’est vite posée la question du premier rôle masculin, particulièrement exposé. Il se trouve qu’à l’époque où nous réfléchissions à ce projet, nous donnions La Petite messe solennelle de Rossini, dans laquelle chantait le jeune ténor Sahy Ratia : ses moyens formidables nous ont paru tout à fait adaptés au rôle.

Le reste de la distribution est très jeune également !
L’un des objectifs de La co[opéra]tive, c’est précisément de solliciter des artistes qui se trouvent à un moment charnière de leur carrière. C’est, par exemple, le premier ouvrage lyrique mis en scène de Nicolas Simon, un chef magnifique qui adore cette musique ! C’est également le premier opéra de Louise Vignaud. Tout le monde est tellement heureux et enthousiaste de faire ce spectacle ! Il ne manque que le public, mais ce n’est que partie remise. Il faut prendre cette captation comme une grande « avant-première » !

Indépendamment de ce projet, vous vous êtes efforcés à Rennes de maintenir le lien avec le public depuis le premier confinement…
Oui, il y a eu par exemple d’autres projets audiovisuels, avec notamment la captation d’un spectacle du Banquet Céleste : Dreams sur des musiques de Purcell et de Dowland, un projet que vous pouvez retrouver sur Culturebox. Nous avons également mis sur pied, avec TVR et la cheffe de chœur Éléonore Le Lamer, un programme court intitulé « L’Opéra dans ton salon ». C’est un concept qui marche très bien : tous les vendredis, on pousse la porte des spectateurs et on présente ce programme depuis leur salon ! On y donne certains trucs et astuces des chanteurs, mais sur un ton volontairement très décalé.

Enfin, ce deuxième confinement nous laisse la possibilité d’aller dans les écoles : nous avons donc maintenu un certains nombre d’actions artistiques, notamment avec le chœur Mélisme(s) qui ira, cette semaine, dans trois écoles de la ville. À l’origine, ce projet éducatif, appelé « Marelle », aurait dû se faire ici, à l’Opéra : nous avions prévu un parcours dans les différents espaces du bâtiment. Chaque groupe d’élèves aurait dû faire, successivement, trois ateliers organisés à chaque fois dans un lieu spécifique du théâtre – des ateliers (rythmiques, vocaux,…) ayant tous un lien avec une œuvre que les enfants découvrent ensuite, chantée par les artistes du chœur. Ce programme a donc été reformaté et c’est finalement nous qui nous rendons dans les écoles pour l’apporter aux enfants.

La pédagogie et le fait d’aller au devant des gens semblent être, pour vous, une préoccupation essentielle…
La mission éducative est une mission dans laquelle nous nous engouffrons avec gourmandise ! Il ne s’agit pas pour nous de faire notre programmation puis de réfléchir à une façon de la décliner sur le plan éducatif : notre programmation ET cette mission d’éducation sont pensées conjointement, comme un tout. Nous participons également, avec les opéras de Rouen et Lille, au projet européen BIG BANG, un projet d’aventures musicales pour les jeunes. Dans le cadre de ce festival, nous transformons pendant deux jours l’Opéra en un grand labyrinthe musical pour les enfants et les familles : il pourra y avoir par exemple un concert dans une loge juste pour deux personnes, un opéra mystérieux dans les dessous de scène,… Il s’agit de changer l’image de l’Opéra et de le rendre avant tout vivant et ludique. Dans le même ordre d’idées, il faudrait encore ajouter le projet d’opéra sur écran, porté tantôt par Angers-Nantes, tantôt par Rennes, et qui permet de jouer sur la dimension fédératrice de l’opéra puisque l’événement est donné sur les places ou dans les salles des fêtes d’une quarantaine de villes de Bretagne ou des Pays de la Loire. Nous souhaitons aller au-devant du public, mais aussi lui ouvrir largement nos portes. Ainsi cet été, pendant quatre semaines, l’Opéra de Rennes est resté ouvert et est presque devenu un lieu de balade, où le magicien Étienne Saglio avait invité… le fantôme de l’Opéra !
Bref, donner l’accès à l’art, à la culture, participer à notre façon à l’éducation des jeunes, cela fait clairement partie de l’ADN de la maison, mais aussi de la ville de Rennes, puisque nous sommes sur un territoire 100% EAC (éducation artistique et culturelle) !

Bal masqué à l’Opéra de Rennes en 2019

Parmi les prochains rendez-vous à ne pas rater à l’Opéra de Rennes (si les conditions sanitaires le permettent…) :

Trois contes de Gérard Pesson (23, 25 et 26 janvier), un récital Strauss/Mozart par Sabine Devieilhe (18 février), Lucia di Lammermoor (27 mars au 02 avril) ou encore La Chauve-Souris (08 au 16 mai)
Toutes les informations ici !

image_printImprimer
Opéra de RennesLa Dame Blanche
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
TOURS – Opéra, saison 2021
prochain post
L’OPÉRA COMIQUE RÉPOND PRÉSENT POUR LES FÊTES !

Vous allez aussi aimer...

RICARDA MERBETH : « Les metteurs en scène ne...

26 septembre 2026

Rencontre avec ANDREA SANGUINETI, maestro entre tradition et...

4 juin 2026

À LA DÉCOUVERTE DE L’OPÉRA PORTUGAIS…

23 mai 2026

Interview – Rencontre avec EMILIANO GONZALEZ TORO et...

2 mars 2026

Entretien – Pier Luigi Pizzi : « Verdi est le...

15 janvier 2026

Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è...

15 janvier 2026

LA CHAUVE-SOURIS  à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège –Entre opéra...

14 décembre 2025

NICOLÒ BALDUCCI – De Mika à Mozart… l’étonnant parcours...

19 novembre 2025

PETR NEKORANEC – À nous deux, Faust !

14 novembre 2025

MARIA NOVELLA MALFATTI – Gilda, Leonora, Violetta :...

12 novembre 2025

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Béatrice Uria-Monzon : biographie, carrière et vie privée - MarseilleJournal.com dans In memoriam – Béatrice URIA-MONZON (1963-2025)
  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

RICARDA MERBETH : « Les metteurs en...

26 septembre 2026

Rencontre avec ANDREA SANGUINETI, maestro entre...

4 juin 2026

À LA DÉCOUVERTE DE L’OPÉRA PORTUGAIS…

23 mai 2026